Jean-Pierre Petit
Jean-Pierre Petit

La peinture comme langue des signes
La peinture de Jean-Pierre Petit se compose comme un alphabet du vivant et constitue, non pas un langage des mots, mais un langage de formes, de rythmes, de couleurs et de symboles.
Là où la langue des signes traduit la pensée par le geste, sa peinture semble traduire des perceptions plus profondes par l’image : une langue des signes pour voyants, pour regarder au fond de soi. Des formes et des couleurs composent un vocabulaire silencieux où l’œil remplace l’oreille.
Chaque tableau propose une écriture du sensible, une manière de dire et d’écrire l’indicible sans recourir aux mots… Une composition de formes étranges, comme la page d’un alphabet inédit où se mêlent mémoire archaïque et sensibilité du présent.
Les formes deviennent les mots, les couleurs les inflexions du langage, et le fond blanc de la toile la syntaxe parfaite de ce langage visuel dont le sens est en perpétuelle mutation.
Entre blasons et hiéroglyphes, les signes de Jean-Pierre Petit composent un territoire sensible. Ils semblent provenir d’une civilisation future autant que d’une mémoire enfouie ; ils parlent d’avant les mots et demeureront après eux.
Leurs alliances composent la grammaire secrète d’une civilisation à venir, dont la langue s’invente sous nos yeux.
Pierre-Henri Argouarch