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Andre Leocat

15 MAI - 3 JUILLET, 2026

« AMERS » – André Léocat

Une peinture abstraite direz-vous ?

Mais qu’en est-il ?
C’est celle d’un homme enraciné qui se tourne vers la mer et plus précisément vers la rade de Brest avec laquelle il a une familiarité géographique quotidienne. Son regard, tourné vers l’ouest, en décèle les mouvements, en perçoit les trouées et les perspectives.

Comme une fenêtre ouverte sur l’ordonnance et la dynamique des formes. Comme une invitation à suggérer du paysage parfois, de « l’impression » toujours, même dans ses œuvres les plus conceptuelles. C’est aussi la peinture d’un homme des horizons, métaphore de l’univers artistique et culturel qui habite ses productions et féconde leur souffle.

D’avoir tracé son sillon en tant que professeur des beaux-arts a sans nul doute alimenté et enrichi ses rencontres picturales. Il y a trouvé l’opportunité de traverser les temps et de façonner son « patrimoine de l’œil ». Sur cette voie et pour exemple, il peindra un jour un tableau qui s’inspire ouvertement d’une œuvre de Fra Angelico dont il ne gardera que l’architecture formelle et les nuances chromatiques. Cette simplification radicale et cette souveraine abstraction sont assurément pour lui une façon de vivre et de parler l’histoire de l’art et l’organisation du monde.

Peut-être convient-il maintenant de souligner combien le travail d’une construction ne s’oppose pas à la ludicité qu’engendre la mise en place des diverses combinaisons formelles.

Quand les frontières se déplacent au gré des tableaux, les couleurs viennent en écho imposer leurs vibrations pour laisser in fine sa subjectivité à celui qui regarde. C’est ainsi que, dans l’art abstrait, s’ouvrent à nous l’énigme de la réussite du peintre et l’interrogation inépuisable sur la nature de son secret.

Pour autant, l’art d’André Léocat n’a pas besoin de passer par les rationalisations du discours. Au-delà de la cohérence du bâti, il y aurait le risque de se méprendre si l’on se limitait au seul registre de la pensée. Car André Léocat travaille dans la spontanéité et l’élan, dans l’urgence parfois, voire la précipitation. Il se lance à corps perdu, avec ardeur.

Une peinture abstraite, disions-nous !
Nous l’avons compris.

Le sensible n’en est jamais chassé. Cette peinture séduit l’esprit, touche l’âme et plaît à la « rétine ».

Josick MINGAM