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Nicolas Fedorenko

14 FéVRIER - 27 MARS, 2026

Exposition Nicolas Fédorenko – « Pourquoi es-tu venu nous déranger ? »

Fédorenko - A3 Studio Galerie
Affiche par Alain Le Quernec

Pour cette exposition, Nicolas Fédorenko présente, dans l’écrin tout spécialement imaginé par Pierre-Henri Argouarch, un ensemble de dessins réalisés au début des années 1990 et restés jusqu’alors dans l’atelier. Ces œuvres, soigneusement empilées pendant de nombreuses années, n’avaient jamais été montrées.

Redécouverts comme on soulève des « pelures d’oignon », ces dessins réveillent un souffle mêlant une joyeuse désinvolture et des enjeux plus intimes liés à la question du sujet dans la peinture. Ils témoignent d’un moment où l’artiste bousculait une résistance : celle qui refusait de voir l’espace du tableau s’encombrer de la figure.

Cette question, qui pourrait sembler vaine ou d’un autre âge, traverse pourtant l’œuvre de peintres majeurs tels que Watteau, Courbet, Goya, Manet, Malévitch, Hélion, Leroy ou Lüpertz. Elle ne pouvait être abordée en plaçant brutalement la figure au centre, érigée comme sujet incontournable et définitivement légitime. Elle nécessitait du temps, un travail patient et savant, n’excluant ni la fougue, ni les dérives, ni les voies sans issue.

Disposant d’un large choix de papiers de Chine, remarqués pour leur qualité « amoureuse » à l’égard des encres grasses et des couleurs à l’huile, Nicolas Fedorenko engage un parcours fait de couleurs, de collages, d’estampages, de reports et d’arrachements. La figure humaine n’y est pas convoquée en priorité : l’artiste erre autour d’elle, s’intéressant d’abord aux lapins, aux taureaux et aux chiens, avant d’introduire le Timbalier, le Danseur, puis les Chevaliers, les Boxeurs, les Combattants, jusqu’aux anonymes.

Dans ce long exercice, où le corps est de fait le sujet, il n’y a ni fesses ni tétons, ni bras ni jambes, ni torse ; et pourtant il n’y a que du corps dans ces dessins. Une érotique de la pensée du corps traverse ces fragiles écrans où les passions se donnent. Ces dessins conduisent à cette affirmation : il ne peut y avoir de corps dans l’espace du tableau hors de la pensée, pas plus qu’il ne peut y avoir de pensée du tableau sans le corps.